Environnement : démarrage de la deuxième phase du projet « CongoPeat »

L’annonce a été faite par la ministre du Tourisme et de l’environnement, Arlette Soudan-Nonault, au cours d’une conférence de presse qu’elle a animée, la semaine dernière, en présence des chercheurs de l’université de Leeds et de l’Université Marien-Ngouabi, dans le cadre de la mise en œuvre du projet.

CongoPeat (Congo tourbières) est le fruit de la coopération entre la République du Congo et l’université de Leeds. Ce projet vise la production d’une cartographie améliorée et l’approfondissement des données scientifiques de la zone des tourbières de la Cuvette centrale du Bassin du Congo, notamment le stock de carbone séquestré, en vue d’une gestion durable de ces écosystèmes fragiles.

En présence du Dr Bocko Yannick Enock, enseignant chercheur à la faculté des sciences et techniques de l’université Marien-Ngouabi et du Pr Simon Lewis, de Leeds university, Arlette Soudan-Nonault a indiqué qu’il était question d’évaluer les impacts des menaces futures les plus probables sur les tourbières.

Il s’agit, entre autres, de l’impact de la coupe des canaux de drainage et celui des déversements de pétrole, y compris la façon dont ils circulent sur le paysage ; l’impact de la construction de routes sur les schémas de drainage ; celui de l’abattage sélectif, de la conversion de la forêt de tourbe en paludiculture ; de la conversion de la forêt de tourbe en plantation industrielle.

La ministre du Tourisme et de l’environnement a rappelé que lors de son message devant le parlement réuni en congrès du 29 décembre 2018, le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, avait déclaré que le Congo maintenaitt son leadership dans la conservation de la biodiversité. Ce qui offre une bonne perspective de préservation des trente milliards de tonnes de carbone séquestré par les tourbières étendues sur 145 000 km2. Arlette Soudan-Nonault s’emploie ainsi à rendre effective cette vision du président de la République.

La ministre a souligné que depuis près de vingt-quatre ans, les conférences des parties à la CCNUCC ont permis tant bien que mal à la communauté internationale d’avancer sur les questions liées à la lutte contre les changements climatiques. Pour mémoire, la COP21, tenue en décembre 2015, en France, a marqué un tournant dans les négociations climatiques. Cet accord dont l’ambition affichée est de maintenir la température de la terre en dessous de deux degrés a permis l’adoption d’un nouveau cadre juridique international, beaucoup plus ambitieux et contraignant, qui va remplacer le Protocole de Kyoto à l’horizon 2020.

Bien qu’il soit le continent qui contribue le moins aux émissions globales, l’Afrique est en même temps l’une des régions les plus vulnérables aux changements climatiques, où des dizaines de millions de personnes subissent, chaque année, les effets néfastes des sécheresses, des inondations, des érosions, des glissements de terrain, du stress hydrique, de l’insécurité alimentaire et d’autres effets secondaires accentués par les changements climatiques. C’est pourquoi ce continent devrait recevoir beaucoup plus qu’elle ne reçoit à l’heure actuelle en termes d’appui financier pour l’atténuation et l’adaptation aux changements climatiques, a laissé entendre Arlette Soudan-Nonault.

Notons qu’à l’occasion de la phase 2 du projet CongoPeat, les chercheurs des deux universités séjournent dans les départements de la Likouala et de la Cuvette, du 21 au 31 janvier. A l’issue de cette mission, un mémorandum d’entente sera signé entre la République du Congo et l’université de Leeds.

Source : www.adiac-congo.com

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