Fonds bleu : Denis Sassou N’Guesso plaide pour une pression sur les « pollueurs »

À quelques jours de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, les 28 et 29 janvier, le président de la République du Congo, par ailleurs président de la commission climat du Bassin du Congo, appelle ses pairs à plus de mobilisation « dans l’unité » pour faire pression aux pays pollueurs de tenir leur engagement de financer le Fonds bleu.

     La 30e session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) va se tenir du 22 au 29 janvier, à Addis-Abeba, en Ethiopie, sur le thème « Vaincre la corruption : une option durable de transformation de l’Afrique ». Au-delà de ce thème général, un point sera fait sur les initiatives prises en commun contre les effets dévastateurs du réchauffement climatique.

    Conscient des enjeux que représente le défi climatique et des engagements pris l’année dernière par les chefs d’Etat, de rendre opérationnels les outils et d’assurer une meilleure coordination des approches sur le financement du Fonds bleu, Denis Sassou N’Guesso, qui préside la commission climat du Bassin du Congo, laquelle regroupe quinze Etats d’Afrique centrale et de l’est, pense que l’heure n’est plus aux promesses.

      « Depuis le sommet de Rio, en 2012, au cours duquel il m’a été donné, déjà, de porter avec force la voix de l’Afrique, très peu de promesses ont été tenues. Sans contraintes ni pressions, il est illusoire de croire que les engagements renouvelés en 2017 par les pays les plus riches, qui sont aussi les plus pollueurs, seront respectés », a déclaré le président congolais dans la version en ligne du journal « Jeune Afrique« .

    Face à ce constat, Denis Sassou N’Guesso appelle ainsi ses pairs à une « mobilisation dans l’unité », afin de renforcer les mécanismes de contrôle des promesses. « Notre plaidoyer pour l’accession aux ressources permettant de financer les projets intégrateurs de développement durable de l’économie bleue doit être porté en commun », a-t-il souligné.

     « Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons établir un rapport des forces crédible vis-à-vis des bailleurs de fonds, de plus en plus conscients de ce qu’ils nous doivent. En nous aidant à préserver les forêts et les fleuves du Bassin du Congo, ils contribuent à protéger l’humanité tout entière », a soutenu Denis Sassou N’Guesso.

   Pour le président congolais, l’engagement de son pays en faveur du climat ne saurait souffrir d’aucune entorse. Un combat qu’il mène depuis plus de vingt ans déjà, « même lorsque la prise de conscience écologique n’en était, sur le continent, qu’à ses balbutiements ».

    Dans cet élan, et afin de perpétuer cet engagement, Denis Sassou N’Guesso a annoncé l’installation du siège du Fonds bleu à Brazzaville, courant 2018.

    Une conférence internationale sur les tourbières du Bassin du Congo sera, d’ailleurs, organisée dans la capitale congolaise du 21 au 23 mars. Elle connaîtra la participation de l’ONU, d’ONG et d’experts venus du monde entier, annonce-t-on.

     « Plus que jamais, c’est une part du destin de la planète qui se joue au cœur de notre continent. À nous de nous montrer dignes de cette immense responsabilité », souligne le président de la commission climat du Bassin du Congo.

 L’Afrique s’approprie les enjeux du réchauffement climatique

    Depuis la COP22 tenue à Marrakech en 2016, jusqu’en 2017 considéré comme une année d’appropriation par l’Afrique des enjeux du réchauffement climatique, une volonté commune s’est dégagée en faveur du climat.

    L’on se rappelle du mémorandum d’entente sur le Fonds bleu dont la signature a eu lieu en mars 2017 à Oyo, dans le nord du Congo, avec pour objectif de mobiliser les ressources nécessaires auprès des contributeurs et investisseurs en vue du financement de projets de développement durable. Cette étape a été suivie, en octobre à Brazzaville, par une conférence ministérielle conjointe CEEAC-EAC, Brazza Finance Climat, consacrée à l’opérationnalisation de cet outil.

    « En novembre, la Journée de l’Afrique, en marge de la COP23, de Bonn, nous a permis de réaffirmer nos engagements face à la communauté internationale, qui a reconnu le Bassin du Congo pour ce qu’il est : le deuxième réservoir de carbone forestier du monde après l’Amazonie, et un enjeu essentiel pour la survie de l’humanité », a rappelé Denis Sassou N’Guesso dans « Jeune Afrique« .

    2017 aura également compté avec le One Planet Summit, en décembre à Paris. Le sommet a débouché sur douze engagements, afin de mobiliser les ressources financières en vue d’assurer la transition vers une économie bas carbone.

 

Source: www.adiac-congo.com

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